L’Église Sainte Trinité - Art Roman

Église de la Sainte-Trinité, monument classé du XIIe siècle.
À l’origine, cette église prieurale se composait d’une nef à deux travées couvertes d’un berceau en plein cintre, déjà mentionné au XIe siècle, l’actuel édifice date en fait du début du XIIe siècle. Un remaniement du XVIIe siècle lui a rajouté d’épais contreforts et reconstruit la voûte en arc brisé. Plus tard on rallongea la nef d’une travée, supprimant ainsi le portail originel.
Elle se compose aujourd’hui d’une courte nef, d’une travée de chœur et d’une abside pentagonale voûtée en cul-de-four. Un arc triomphant sépare la nef de la travée de chœur.
La décoration de l’église de saint Trinit est sommaire cependant chaque partie est mise en valeur par des arcs, formerets et arcatures ainsi que par des frises et chapiteaux romans.
La baie supérieure ouverte dans le mur méridional est purement romane : elle est très ébrasée et entourée de colonnettes à chapiteaux corinthiens, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’édifice.
L’extérieur de l’église offre une architecture conciliant force et raffinement.
A l’Est : Abside pentagonale, pilastres aux angles, baie enchâssée dans une niche à colonnettes.
A l’Ouest : le donjon (travée de chœur) et l’abside ont été érigés vers 1120-1150, puis plus tard (quelques décennies) viennent les deux premières travées de la nef. En 1580, durant les guerres de religion, l’édifice fut fortifié par un chemin de ronde et de guérites sur la toiture. Ces dernières constructions, trop lourde furent s’effondrer la voûte. En 1652 la voûte actuelle a été entièrement reconstruite, en berceau brisé et un peu plus haute que la couverture primitive et au XVIIIe siècles la nef fut allongée d’une travée.
Au centre, dominant l’ensemble, un haut donjon carré chapeauté d’une pyramide de lauzes, surmontée d’un clocheton pointu.
Dans la travée de chœur, seuls deux des quatre arcs brisés qui maintiennent la voûte sont ornées de motifs de feuillages, les arcades reposent sur quatre consoles où se reconnaissent les emblèmes des trois évangélistes : l’ange Mathieu, le taureau de Luc, l’aigle de Jean et enfin dans la partie la plus obscure un simple cul-de-lampe. Seul manque le lion de Marc.
Au dessus de l’arc d’entrée de l’abside, en place d’honneur, mais trop haut pour être bien vu, un médaillon rectangulaire (sans doute en marbre) représente un thème en faveur en Haute-Provence (terre d’élevage ovin) : « l’Agnus Dei » l’Agneau de Dieu
L’église a servi de camp de retranchement lors des guerres de religion au XVIe siècle. L’Eglise fut ainsi fortifiée au niveau de la toiture (parapet, guérites) et fut très abîmée par la suite, ce qui obligea à entreprendre de gros travaux au milieu du XVIIe siècle. La voûte s’effondra sous le poids des adjonctions et on la remplaça par l’actuelle, qui est plus haute qu’à l’origine.
Malgré toutes ces modifications, elle conserve une certaine homogénéité agréable à l’œil, surtout dans sa partie la plus ancienne (travée de chœur et abside). On regrettera l’inesthétisme de la dernière travée rajoutée, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur.

La Chapelle Saint Roch